Roy Hargrove le 24 mai 2017, au Conservatoire de Musique (Nice)

Ou une date en rouge depuis de longs mois dans mon agenda et de grands espoirs en tête, le line-up était alléchant avec notamment le pianiste Sullivan Fortner, étoile montant du jazz américain. Quelques nuages sont apparus récemment suite aux retours d’un concert faisant état d’un Roy fatigué et quelque peu absent de son quintet. En première partie (un set d’une heure), le quartet de Pierre Marcus nous régala, un premier morceau fut de toute beauté. Dommage, que depuis ma place, le saxophone de Baptiste Herbin écrasa la finesse et la subtilité du pianiste Fred Perreard et de Pierre Marcus. A 9heures 30 précises, Roy Hargrove, toujours aussi élégant avec son air d’éternel adolescent et au look très Cab Calloway, certes avec d’imposantes baskets blanches, arriva sur scène en exécutant quelques pas de danse, levant instantanément les doutes existants. Par contre, pas de Sullivan Fortner, Tadataka Unno était au piano (il fut remarquable). Dès les premières notes, changement de registre et de style, le quintet sera généreux et incisif. Roy laissera, mais c’est son habitude, une grande place à l’expression de chacun : Quincy Philipps à la batterie, Ameen Saleem à la contrebasse, Justin Robinson sax alto et Tadataka Unno au piano. Il alterna trompette et bugle, en y insérant quelques essais de voix (pour être Franc, je préfère oublier ces passages). Nous avons eu une très belle soirée et si je devais garder en mémoire une seule image : sans hésiter, ce serait celle du regard de Roy, assis au piano, revenu sur scène pour saluer le public qui partait, un franc sourire de bonheur éclairant son visage, avant de nous offrir quelques notes en signe d’Au Revoir. La première saison 2017 du Nice Music Live est terminée, place au Nice Jazz Festival ; comme les deux initiatives d’ouvrir au jazz les portes de l’Opéra et du Conservatoire furent de vrais succès (les deux concerts étaient pleins), j’espère revenir très rapidement dans ces lieux magiques (avec notamment un confort et un éclairage à la hauteur du talent des artistes) dès la saison d’automne.