Gérard Depardieu : conférence de presse à Monaco

Je ne suis pas un fan de Gérard Depardieu, alors je suis allé à cette conférence de presse pour voir, presque en curieux. Monsieur Depardieu est arrivé souriant, en pleine forme, accompagné de Gérard Daguerre, le pianiste arrangeur de Barbara. Dès qu’il fut assis, il partit au quart de tour dans ses souvenirs avec Barbara, dans sa vie, dans La vie. Depuis longtemps il a abandonné la langue de bois. Nous en eûmes une nouvelle preuve, tout en restant extrêmement correct, même si des propos étaient parfois acides. Le sourire ne quitta à aucun moment ses lèvres. Il dégage cette Sagesse que l’on recherche chez les anciens qui ne pleurent pas sur le passé, et qui veulent seulement que le monde tourne mieux pour leurs proches. Lorsqu’on lui apporta un verre d’eau, il le refusa. Devant les murmures de l’assistance, il ajouta qu’il ne buvait plus d’alcool, mais que son corps avait tellement de réserves que l’eau lui faisait encore les mêmes effets. J’ai eu l’impression de voir un Homme apaisé, conscient de son existence, de ses frasques, mais qui aujourd’hui veut profiter de chaque instant. A sa gauche, Gérard Daguerre, la gentillesse débordante, attendait patiemment pour parler de Barbara dès que Gérard Depardieu laissait un long silence. Il y a de beaux moments dans la vie, souvent des moments simples que l’on n’attend pas, et c’en fut un.

conférence de presse à monaco : depardieu chante barbara

MIDEM 3ème soir 8 juin 2017

Difficile de choisir entre le palais et la plage mais voir réunis autour de Leslie Mandoki John Helliwell (Supertramp), Chris Thompson (Manfred Mann’s Earth Band), Midge Ure (Ultravox), Tony Carey (Rainbow), Klaus Doldinger (Passport), Nick Van Eede (Cutting Crew) et Melanie C. (Spice Girls) s’impose. Dommage car j’aurais aussi voulu voir et entendre Geoffroy. Le projet « Wings of Freedom » nous ramena loin, mais loin en arrière avec notamment les shows de Nick Van Eede « (I Just) Died In Your Arms » ou de John Helliwell « The Logical Song ». Leslie Mandoki reçut un MIDEM d’honneur pour son combat pour la liberté par la musique, n’oublions pas qu’il y avait trente ans un mur séparé l’Europe. Difficile de ne pas être nostalgique et de ne pas repenser à de beaux moments de sa vie associés aux morceaux joués. Direction la plage et là, changement violent avec le groupe français de rock, Rendez-Vous, déjanté à souhait, héritier de l’underground berlinois. Le rock progressif est bien mort apparemment ! Sur cette même scène, Kiddy Smile enchaîna, doux mélange de Zorro et de Conchita Wust ; il assura avec une voix surprenante, pendant qu’une de ses choristes, visiblement heureuse d’être là, enchaînait les selfies. Mais les contrastes ne pouvaient pas s’arrêter là avec, à la suite, Acid Arab. C’était le groupe attendu de la soirée à la Plage pour un très bon show, dans la bonne humeur, peut-être l’effet euphorisant de la mer. Et sur l’autre scène ? Taïwan était à l’honneur et le choc culturel peut être violent, même si DJ Question Mark assura, après un début un peu mou mais il se rattrapa. Une très belle soirée avec un public très chaud ! Merci au MIDEM 2017, soleil, sable, mer, musique, accueil au top, what else à demander ?

MIDEM 2ème soirée, le 7 juin 2017 à Cannes

Programme chargé avec 8 groupes à l’affiche pour naviguer dans la pop/folk, la soul, le R’n’B et Wyclef Jean. C’était comble et pourtant il était plus de minuit lorque Wyclef Jean est monté sur scène (pour être franc, il était présent depuis longtemps, très complice avec le public). Chanteur, guitariste, bassiste, batteur, percussionniste, claviériste, manager de Shakka et acrobate… Nous avons eu un Show plus qu’un concert, n’oublions pas que nous étions dans le cadre d’un Salon Professionnel et non d’un festival et que beaucoup souhaitaient plus s’amuser que d’écouter son dernier album, même s’il est excellent. Retour dans le passé et en couleurs avec les tubes des Fugees, « No Woman No Cry », « Ne me quitte pas »… et Wyclef Jean qui grimpe au haut de la colonne pour se retrouver, micro en main, à une bonne quinzaine de mètres du sol. Il a fait danser, mit le feu… vraiment un très beau spectacle qui a conquis chaque présent. Et avant ? La confirmation du talent de Lola Marsh, que j’avais découverte il y a plus de deux ans et qui progresse, mais progresse… Dans un registre post punk, Miss Garrison, groupe chilien, fut une divine surprise pour beaucoup. Allez rapidement découvrir leur musique. Autre belle découverte, le chanteur soul/Hip Hop Shakka. Félicitations pour cette programmation et vivement ce soir pour la dernière malheureusement.

1ère soirée du MIDEM 2017

Nouveau format avec des dates en milieu de semaine et de lieu pour les concerts avec cette fois-ci la plage du Majestic, plus proche du Palais des Festivals, même si la prestation était loin d’être à la hauteur de celle du Carlton, l’année dernière. Programme musical à l’affiche chargé avec deux scènes face à face (ce qui évitera des interruptions liées aux changements de plateaux avec sur une des groupes du MIDEM Artist Accelerator et sur l’autre British Music. J’ai pu découvrir deux groupes intéressants, certes dans l’air du temps avec pour le premier un très indie pop, Be Charlotte, et le second un savant mélange de soul et de hip-hop, avec la sublime Iris Gold. Je pense que nous pouvons retenir leurs noms. Jake Issac confirma l’étendue de son talent avec son timbre de voix attachant et son éternelle décontraction. Belle prestation également du groupe sud-coréen de hip-hop, « XXX » avec notamment des images projetées de type Manga de toute beauté. Une très belle soirée d’ouverture, les pieds dans le sable, face à la mer, difficile de rêver d’un plus beau lieu, d’autant que les gens présents étaient vraiment cool. Encore deux soirées, alors si vous pouvez avoir des invitations, et en cherchant on y arrive, venez car la musique présentée est celle de demain.

Roy Hargrove le 24 mai 2017, au Conservatoire de Musique (Nice)

Ou une date en rouge depuis de longs mois dans mon agenda et de grands espoirs en tête, le line-up était alléchant avec notamment le pianiste Sullivan Fortner, étoile montant du jazz américain. Quelques nuages sont apparus récemment suite aux retours d’un concert faisant état d’un Roy fatigué et quelque peu absent de son quintet. En première partie (un set d’une heure), le quartet de Pierre Marcus nous régala, un premier morceau fut de toute beauté. Dommage, que depuis ma place, le saxophone de Baptiste Herbin écrasa la finesse et la subtilité du pianiste Fred Perreard et de Pierre Marcus. A 9heures 30 précises, Roy Hargrove, toujours aussi élégant avec son air d’éternel adolescent et au look très Cab Calloway, certes avec d’imposantes baskets blanches, arriva sur scène en exécutant quelques pas de danse, levant instantanément les doutes existants. Par contre, pas de Sullivan Fortner, Tadataka Unno était au piano (il fut remarquable). Dès les premières notes, changement de registre et de style, le quintet sera généreux et incisif. Roy laissera, mais c’est son habitude, une grande place à l’expression de chacun : Quincy Philipps à la batterie, Ameen Saleem à la contrebasse, Justin Robinson sax alto et Tadataka Unno au piano. Il alterna trompette et bugle, en y insérant quelques essais de voix (pour être Franc, je préfère oublier ces passages). Nous avons eu une très belle soirée et si je devais garder en mémoire une seule image : sans hésiter, ce serait celle du regard de Roy, assis au piano, revenu sur scène pour saluer le public qui partait, un franc sourire de bonheur éclairant son visage, avant de nous offrir quelques notes en signe d’Au Revoir. La première saison 2017 du Nice Music Live est terminée, place au Nice Jazz Festival ; comme les deux initiatives d’ouvrir au jazz les portes de l’Opéra et du Conservatoire furent de vrais succès (les deux concerts étaient pleins), j’espère revenir très rapidement dans ces lieux magiques (avec notamment un confort et un éclairage à la hauteur du talent des artistes) dès la saison d’automne.

Piers Faccini, espace Léonard de Vinci à Mandelieu-la Napoule

 

Soirée pop au programme, ou plutôt une soirée où des influences musicales diverses allant du folklore des pouilles au blues fusionnèrent pour donner un concert somptueux. Le dernier album de Piers Faccini, « I Dreamed An Island » servit de fil conducteur à la soirée, un délicieux voyage en méditerranée, sur une île rêvée par le musicien. Accompagné par deux fabuleux musiciens (Malik Ziad / gumbri et mandole et Simone Prattico / batterie), baigné dans une lumière d’une réelle douceur, comment ne pas avoir vécu un vrai moment de félicité. Je pense que nous pouvons et devrions tous chanter chaque jour « Bring Down The Wall » pour donner plus de couleurs à notre existence. Si vous ne connaissez pas ce musicien anglais, d’origine italienne et vivant en France, écoutez-le rapidement et ce sera, bien entendu, mon souhait pour ce concert : « soyez curieux, car parfois des découvertes somptueuses ne demandent qu’à s’offrir à vous. »

Ron Carter et Richard Galliano

Entre « Panamnhattan » et « An Evening With », 27 ans séparent les deux albums et pourtant nous retrouvons toujours la même fougue, le même amour dans les yeux, sous les doigts des deux virtuoses. La nouvelle salle de spectacle de Mougins, Scène 55, nous proposa une soirée exceptionnelle en invitant un duo de rêve composé de l’accordéoniste niçois, Richard Galliano et du plus élégant des jazzmen, le contrebassiste Ron Carter. Le public a répondu présent, et cela fait plaisir car après l’immense succès de Didier Lockwood à l’Opéra de Nice, le jazz montre que des grandes salles peuvent être remplies en dehors des festivals d’été. Souvent nous entendons que le jazz périclite, le concert de samedi montra une nouvelle fois le contraire, surtout lorsqu’au programme l’accordéon est l’une des têtes d’affiche. 1 heure 30 de féérie pour les oreilles, de voyage dans le temps, cela fait du bien. Mon souhait sera simplement de bon sens : « revivre rapidement de tels moments ».

Retrouvez le programme de ce théâtre sur le site www.scene55.fr

Gérald de Palmas (La Palestre, Le Cannet, le 2 février)

Assister à un concert à La Palestre est un vrai plaisir, presque un privilège tant l’accueil est agréable, les fauteuils confortables, le parking facile et gratuit et le son parfait. Certainement l’une des plus belles salles de la région avec à l’affiche un habitué, Gérald de Palmas, venu présenté son dernier disque « La Beauté du Geste ». Les nouvelles chansons ont tutoyé les anciennes (et les grands succès), souvent avec des réarrangements plus rock. C’est toujours un immense plaisir de voir ce chanteur, poète aussi, à la décontraction qui sent bon le soleil. Mon vœu sera d’avoir toujours une vraie première partie, un moment privilégié pour découvrir de nouveaux artistes, comme ce fut le cas pour ce concert avec Roberdam qui laissa peu de personnes insensibles à ses chansons. Je vous invite à aller consulter la programmation à venir car de Tryo à Anne Roumanoff, chacun peut trouver son bonheur.

Info : laplestre.eu

concert à la Palestre

Cali au Broc

Nous avons connu Cali arborant un tee-shirt blanc déchiré, ruisselant de transpiration et rêvant de plonger dans le public et bien là, Cali portait un tee-shirt noir, le costume et était le plus souvent sagement assis devant un micro. Cali était seul sur scène, dans sa chambre d’ado ; il chanta, s’ouvrit à nous en nous livrant des anecdotes intimes, jongla avec les mots sans oublier d’y mêler des traits d’humour. Sensible, amoureux, même « Elle m’a dit » gagna en romantisme et en force. Bien sûr, l’écorché ne sommeillait jamais bien loin. Quel beau concert ! Une très belle réussite pour cette tournée « Les Choses Défendues » car l’exercice était périlleux (les grands succès ne furent pas oubliés évidemment). Comme nous sommes encore en janvier et que c’est la période des grandes décisions, je vais à chaque concert faire un vœu. Pour le premier, j’aimerais que les publics soient à l’image de celui du Broc car les smartphones sont restés au fond des poches. Pas d’éclairs intempestifs, gênant l’artiste et le public. Si seulement… et oui si seulement…